Retraite des professions libérales

Professions de santé, droit, chiffre, architecture… Même statut, même problème : votre retraite ne se pilote pas comme celle d'un salarié. Ici, l'objectif est de vous aider à vous situer vite et à mettre le doigt sur les bonnes questions.

Un statut à part, une retraite à piloter différemment

Médecin, dentiste, infirmier, kinésithérapeute, avocat, notaire, expert-comptable, architecte… Vous exercez en libéral. Votre statut est différent de celui d'un salarié et la préparation de votre retraite aussi.

Dans la pratique, cela veut dire une caisse de retraite propre à votre profession (CARMF, CARPIMKO, CNBF, …), des règles de calcul spécifiques, et des arbitrages que personne ne fait à votre place.

Le sujet est flou parce que les informations sont techniques, éparpillées entre plusieurs organismes, et difficiles à relier à une trajectoire personnelle concrète.

Voici 3 étapes pour y voir plus clair :

Savoir ce que vous toucherez réellement
Chaque profession a ses propres taux de cotisation, ses propres barèmes, ses propres critères d'acquisition des droits. Votre chiffre d'affaires fluctue selon les années et ces variations ont un impact direct sur vos droits futurs. Avant de prendre la moindre décision, il faut un ordre de grandeur fiable.
Identifier les 2-3 leviers qui comptent dans votre situation
Cotisations facultatives, rachat de trimestres, structuration en société, choix du timing de départ : faute de service RH, c'est vous qui arbitrez. L'enjeu n'est pas de tout optimiser, c'est de repérer 2 ou 3 règles stables à intégrer dans votre gestion courante.
Tenir un plan simple dans la durée
Des bases solides, un cadre clair et la possibilité d'ajuster quand votre activité évolue ou votre situation change, sans repartir de zéro à chaque changement.

Les questions que vous vous posez

Et que vous avez raison de vous poser. Chacune a une réponse concrète.

Comment fonctionne la retraite CIPAV ?

La CIPAV couvre des professions libérales réglementées et non réglementées (architectes, ingénieurs conseil, ostéopathes, psychologues, psychothérapeutes, ergothérapeutes, moniteurs de ski, etc.) pour la retraite de base et la complémentaire. Régime par points, cotisations proportionnelles au BNC depuis 2023. Depuis 2018 et la loi de financement de la sécurité sociale, la CIPAV ne couvre plus que 19 professions listées (beaucoup d’indépendants ont basculé vers d’autres régimes). Il est important de compléter sa pension par de l’épargne car la pension moyenne des indépendants reste modeste (environ 1 150 €/mois), même si les professions libérales perçoivent en moyenne 2 570 €/mois, les plus élevées de tous les indépendants.

Comment fonctionne la retraite d'un médecin libéral ?

Les médecins libéraux relèvent de la CARMF pour la retraite de base et la complémentaire, avec un régime en points et des cotisations proportionnelles au revenu BNC. S’y ajoutent l’ASV (avantage supplémentaire vieillesse, partiellement financé par les caisses d’assurance maladie). La pension moyenne d’un médecin libéral est de l'ordre de 2 950 € bruts mensuels, éventuellement complétée par un PER individuel, un contrat Madelin des investissements gérants des revenus tels que de l'immobilier locatif.

Comment fonctionne la retraite CARMF (médecins libéraux) ?

Les médecins libéraux cotisent à la CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France) pour trois étages : le régime de base (aligné CNAVPL, par points), le régime complémentaire vieillesse (RCV, par points) et l’avantage social vieillesse (ASV), partiellement financé par les caisses d’assurance maladie si le médecin est conventionné. La pension moyenne d’un médecin libéral s’établit autour de 2 967 € bruts/mois (données CARMF 2025).